Gilets jaunes acte III : l’exécutif commence à bouger !

J‘avais commencé mon billet hier par “Ils ont beau s’agiter dans tous les sens et en tous lieux, pour l’instant cela semble n’avoir aucun effet sur nos gouvernants” quand ce matin la radio nous apprenait que le Premier ministre était disposé à recevoir une délégation de Gilets jaunes. Surprise ! Je me suis dit alors que les renseignements généraux avaient dû remonter de fort mauvaises nouvelles à l’Exécutif.

La veille pourtant, Édouard Philippe invité sur RMC par Jean-Jacques Bourdin, n’envisageait pas cette éventualité. J’avais noté, dubitatif, en réécoutant son interview, quelques affirmations rassurantes allant dans le sens d’une compréhension des revendications exprimées par les contestataires. En voici quelques-unes qui expliquent peut-être son revirement de position : “Vous avez parfaitement raison” – “L’urgence du pouvoir d’achat je l’entends” – “C’est lent, trop lent, je suis d’accord” – “Les revendications sont légitimes” – “Je partage l’impatience de la diminution des impôts et des taxes” – “On va baisser les impôts et les taxes, et on a commencé“. En un mot, on est bien lucides, mais pas de précipitation. La lucidité c’est peut-être aussi la CGT qui s’invite à la manif (mais séparément) et les lycéens et étudiants qui, parait-il, commencent aussi à bouger.

Le Premier ministre au cours de l’émission reprenait à son compte les propos du Président en réaffirmant la nécessité d’un débat national d’une durée de 3 mois avec les corps intermédiaires, les banques, les constructeurs autos, les associations… pour “réfléchir et trouver une méthode et des mesures pour essayer d’accompagner“… Bref, du blabla pour temporiser et envisager de nouvelles aides plus attractives.

Mais ce matin, revirement de position. Édouard Philippe est subitement disposé à discuter. La question maintenant est de savoir : pour dire et faire quoi ? Il serait surprenant que cette réunion satisfasse d’un  coup, d’un seul, toutes les revendications exprimées par les Gilets jaunes notamment sur la fiscalité excessive qui étrangle de nombreux ménages français. Il y a donc de fortes chances (risques) que la manifestation de samedi ait lieu malgré peut-être un geste encourageant mais sûrement insuffisant qui sortira de la réunion demain. De nouveaux affrontements à l’issue incertaine sont donc à prévoir samedi sur les Champs Élysées. 

A un mois des fêtes de fin d’année, nous voilà repartis pour un quatrième acte de la révolte des Gilets jaunes tout aussi inquiétant que les précédents.

Photo : Jean de Pont-Scorff