Réforme des retraites : le modèle suédois en moins de 3 mn

En attendant le bonne parole du gouvernement sur la réforme des retraites en cours  – laquelle sera prêchée mercredi par le Premier ministre – je vous invite à découvrir le modèle adopté par nos amis suédois. La France devrait parait-il s’en inspirer fortement. Quand vous aurez entendu le petit enregistrement proposé plus bas, vous comprendrez pourquoi nos gouvernants ont tant tardé à entrer dans les détails de cette réforme.

C’est France-Info dans sa rubrique “Brief éco” qui nous présente ce modèle de référence. Vous noterez au cours de l’audition que ledit modèle suédois ‘repose sur 3 piliers’ complémentaires : la retraite de base par répartition (les fameux points), un régime complémentaire par capitalisation (via des fonds de pension) et enfin une assurance supplémentaire qui, selon le journaliste, est une forme d’épargne entreprise.

Une assurance supplémentaire ? Tiens tiens ! Coïncidence ? Notre Haut-commissaire aux retraites justement œuvrait, jusqu’à ce matin, pour ‘l’Institut de formation de la profession de l’assurance‘. Il travaillait apparemment bénévolement pour cet institut mais avait ‘oublié’ de le signaler dans sa déclaration d’intérêt à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Curieux et suspect non ? Mais que faisait-il gratuitement dans cet institut où il ne mettait quasiment jamais les pieds comme il l’affirme au “Parisien” : « Je n’y vais quasiment jamais, car je n’ai pas le temps. Je ne connais rien dans le domaine de la formation des assureurs ». Il y allait quand même de temps en temps; pour s’informer ou informer ? On ne le saura pas, mais il a quand même jugé plus prudent de démissionner. Ah ces politiques pris sans vergogne la main dans le pot de confiture !

Pour en revenir au sujet du billet, si le système Français s’inspire du modèle suédois, il y a de ‘fortes chances’ pour que nous aussi soyons obligés de recourir aux assurances comme l’a déjà envisagé Gérard Filoche dans le document joint. Merci au fidèle lecteur qui me l’a transmis.

Et si vous croyez toujours en un système égalitaire et universel par répartition tiré vers le bas dont la valeur du point est sujette à la conjoncture économique du pays et dont les complémentaires dépendent étroitement des banquiers internationaux et de la bonne santé des fonds de pension alors ….

Photo : Internet – France 2

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6 commentaires

  1. Après les annonces du Premier ministre de ce jour, on en sait un peu plus sur ce projet de “retraite universelle à points”. Manifestement, Daniel Cohen, dans son entretien de ce matin avait raison : “soit un régime est bon et on le fait, soit il n’est pas bon” … et on le retire. A en croire les réactions des différentes organisations syndicales, dont la CFDT, CE PROJET N’EST PAS BON, et recueille un flot grandissant d’hostilités à son encontre. Seul Roux de Bézieux, accessoirement patron du Medef, est satisfait. Cela devrait suffire à rendre tous les jeunes, tous les salariés et tous les retraités encore plus méfiants à propos de ce projet. “La retraite à points, c’est de la retraite en moins”, comme le dit le SNES/FSU. Maintenant, il appartient aux intéressés de se battre pour améliorer le système actuel et faire en sorte qu’il réponde aux besoins du XXIe siècle.

    1. La réforme sera acceptable lorsque tous les syndicats s’opposeront dont le MEDEF. Une chose positive, à mon avis serait de comptabiliser chaque heure travaillée au lieu du trimestre car les petits boulots s’installent. Au fait, cette réforme, elle sort d’où ?

  2. Au sujet de ce projet de réforme particulièrement critiqué et, à juste titre, j’invite les personnes intéressées à écouter l’intervention de Daniel Cohen, économiste, dans le “grand entretien” de ce matin sur France Inter, https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-11-decembre-2019, dont le résumé pourrait être : “soit un régime est bon et on le fait, soit il n’est pas bon”. Et sa conclusion semblait bien aller dans le sens de la CGT, avec les explications adéquates. En effet, si ce projet offrait initialement des perspectives intéressantes, le gouvernement s’est évertué à tout gâcher en cours de route, le rendant progressivement de plus en plus impopulaire et inquiétant. Pourquoi voudriez-vous, à moins d’être complètement idiot, accepter de travailler plus pour percevoir une retraite de misère que vous ne découvrirez qu’au dernier moment (du fait de ces points éventuellement volatiles). Ce gouvernement étant, en outre, d’obédience fortement libérale droitière, et obsédé par les économies budgétaires, il suscite la plus grande défiance. Quand en outre, il confie les rênes de ce projet à une ancien ministre de droite (ce qui n’est pas le plus grave), affilié aux sociétés d’assurances (intéressées au plus haut point par la capitalisation plutôt que par la répartition), la défiance se renforce sensiblement.

  3. Dans une société techniquement avancée, le bon sens consisterait à réaliser régulièrement des réformes équitables entre les possédants et possédés. Hors, l’absence de confiance accordée à nos autorités mène au blocage avec pour réserve cette limitation citée par Hervé Hamon dans son billet dominical (une pépite) “…La détestation du Prince ne fait pas à elle seule une politique…”, entendu que derrière chaque réforme se cachent des bataillons de lobbyistes. Que faire, laisser pourrir, après nombre de blessés viendra une période de lassitude propice au balancement du paquet dans toute sa dureté. Une autre solution serait de remettre à plat en toute transparence en passant disons de 42 régimes à une petite dizaine et de limiter les retraites par répartition à disons 4500€, tient on ne parle jamais de celui très envié de nos politiques. Pendant ce temps, la vie continue : OPA chez Latécoère, menace d’amende record (on parle de 24 milliards) qui frappe Areva (c’est à dire nous) pour une corruption présumée au USA, le verbe “défiscaliser” à toutes les sauces, Le harcèlement des politiques pour des “erreurs” comptables, même l’ONU tire la sonnette d’alarme sur les inégalités, etc. Bref, certains aligneraient bien la France sur le système redistributif Anglo-saxon – le paradis du riche, le purgatoire du sage et l’enfer du pauvre..

  4. Bonjour à tous. La Suède t mis 13 ans pour arriver à un accord et 6 à 7 ans pour la mettre en place. Ce ci n’empêche pas de chercher le bon côté chez les autres. Nous sommes trop enfoncés dans des acquis qui non plus courts. La cgt rejette tous. Ce n’est pas de leur faute. Avec une réflexion datant de 1936, il ne peuvent pas comprendre que pour les cheminots, ils sont 143 000 et cotisent pour 260000 retraités. Résultats près de deux milliards de déficit sue nos impôts vous comme payons pour eux. C’est la même chose pour la RATP, pour l’Edf et combien d’autres régimes. En 1980, un retraités avait un espoir de vie de 2 ans. Aujourd’hui, c’est 20 ans. C’est ensemble que nous résoudront cette équation et pas les uns contre les autres. Bonnes fêtes de Noël à tous.

  5. Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… pas de quoi se réjouir !
    Or, les années bonheur, les “trente glorieuses” étaient-elles à ce point “idéales” que nous ne soyons pas capables de vouloir que nos enfants et ceux des autres, en connaissent aussi les mérites ?
    Notre pays, figure de proue jadis pour des innovations enviées jusqu’aux confins de la planète a encore des ressources à prendre en compte pour le respect et la dignité des personnes humaines présentes et à venir.
    Chacun peut s’investir à sa mesure pour rendre l’objectif accessible à tous.

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