Money is money

Toujours soucieux de notre bien-être et de la défense de nos intérêts, l’État vient d’autoriser les banques à augmenter de 56% le montant de la commission qu’elles se versent entre elles à l’occasion de chacun de nos retraits dans les distributeurs de billets de banque (DAB) qui ne sont pas les leurs.

Bien me direz-vous, mais cela ne concerne que les banques et elles peuvent arranger leur sauce comme elles l’entendent d’autant qu’au final, cette commission ne sera que de 0,89 €. Certes, mais multiplée par x retraits et x distributeurs cela peut faire quelques millions d’euros. Même payée par une consœur, cette petite commission est bonne à prendre.

Mais en quoi alors cela nous impacte-t-il vraiment ? Eh bien, vous allez voir dans quelque temps, que la pénalité que vous devez à votre banque (qui est actuellement de 1 € par retrait après 4 ou 5 retraits effectués à la concurrence dans le mois) va passer à 1,20 ou peut-être à 1,50 €. Eh oui ! Il faudra bien compenser !

Les distributeurs de billets sont actuellement au nombre de 53.000 si l’on en croit le journaliste qui s’exprimait le 13/02/20 sur RMC (écouter son reportage de 3 mn, plus bas). Ce nombre, déjà en baisse, devrait encore diminuer de 20% au cours des 5 prochaines années. Pour info, 3 DAB disparaissent chaque jour dans le pays. La tendance est clairement affichée : supprimer à moyen terme l’ensemble des billets (et des pièces) en circulation. Beaucoup de nos concitoyens vivant à la campagne et dans des petites communes, sont déjà pénalisés par la raréfaction des DAB qui les oblige à effectuer plusieurs kilomètres pour se rendre dans une commune voisine disposant de ces distributeurs.

Alors quels sont les véritables objectifs visés par la suppression totale de ce qu’on appelle communément le liquide ? Vous n’avez pas une petite idée ? Eh bien pour les banques, faire des économies car l’entretien/remplacement des DAB et la production de pièces et billets coûtent cher. Et pour l’État, mettre un frein à la fraude et aux transactions de valises de billets entre trafiquants de tout poil.

Moralité : c’est toujours celui qui fixe les règles du jeu qui gagne. Plus prosaïquement : au casino la banque ne perd jamais.

Photo : Exoportail.com

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2 commentaires

  1. Dans le dernier paragraphe de mon billet, en évoquant les objectifs visés par la suppression des billets de banque, j’ai omis de signaler un autre but et pas le moindre : endiguer le travail au noir qui permet à bon nombre de français de compléter leurs maigres revenus par des transactions hors taxes et hors cotisations sociales. Je pense n’avoir rien oublié cette fois.

  2. Salauds de banquiers ! Et l’on ne peut compter sur l’État pour réguler cet état dans l’État, d’autant moins qu’il y prend sa part et avec un président issu du milieu bancaire … Par contre, si les consommateurs s’estiment lésés, qu’ils commencent donc par se mobiliser et s’organiser au sein des associations de consommateurs existantes pour défendre leurs droits. Ce serait plus utile et efficace que de brailler et de ronchonner, comme d’habitude.

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