1

Fake news (fausses nouvelles) : pas facile d’y voir clair

Selon Wikipédia le terme « Fake news » serait entré dans notre quotidien en 1999 lors d’une émission télévisée américaine. En France, ce sont les médias, les garants professionnels et officiels de l’information, qui l’ont  popularisée en la reprenant à leur compte en réaction à un concurrent sérieux et gênant : les réseaux sociaux. Ces derniers, en effet, commençaient à constituer une concurrence non négligeable auprès des internautes en diffusant des informations non officiellement sourcées, parfois contradictoires, voire erronées.

La fake news ou fausse nouvelle est donc pour les médias de la pure désinformation si l’origine de la source n’est pas reconnue « sûre ». Les seules sources crédibles répondant à ce critère sont donc celles utilisées par les agences reconnues comme l’AFP (Agence France Presse) et les agences internationales similaires (Reuters, Bellega, Ansa…). Pour accréditer la fiabilité de leurs informations, les médias font eux-mêmes la chasse aux fausses nouvelles;  ils possédent généralement une cellule consacrée à ce travail; d’autres, comme France info, ont une rubrique « Le vrai du faux » qui « passe au crible les petites et grandes approximations qui circulent sur les sites web et les réseaux sociaux« . Comme si ces moyens ne suffisaient pas, ils sont secondés dans leur tâche par le gouvernement, lui-même, qui dispose également d’un organisme de contrôle (le CSA) au service d’un citoyen déboussolé et inquiet. Le CSA dans ce but propose un site chargé de répertorier le mensonge et ses corollaires. Après l’information d’État (France Inter et France Info) voici donc la vraie information ! Petite anecdote en passant, c’est l’AFP qui a rapporté la mort prématurée de Monsieur Paul Quilès, ancien ministre de M. Mitterrand, le 21 septembre 2021, en se basant sur une source locale avant de se confondre en excuses auprès de la famille quelques heures plus tard. Je ne m’étends pas sur le scoop du Parisien : « Dupont de Ligonnès arrêté en Écosse ». Tout le monde s’en souvient.

Autre degré dans la sévérité du contrôle de l’information par les médias (et découvert à l’occasion du débat Mélenchon-Zemmour) le média organisateur, en l’occurrence BFM/TV, met dorénavant en place une cellule baptisée « Fact-checking » dont le rôle est de vérifier si les débatteurs ne disent pas de bêtises. Problème, pour que la Vérité jaillisse, un groupe d’internautes du média organisateur se réfèrent à des sites officiels gouvernementaux (Cour des comptes…), comme si la vérité ne pouvait se trouver ailleurs ! Pas très convaincant ce mode de vérification !

Désormais il ne peut donc plus y avoir de doute sur la fiabilité d’une information : elle est vraie ou fausse. Officielle ou bidonnée. Pourtant, si l’on en croit l’adage : « Tout n’est pas noir ou blanc ». Alors comment s’y retrouver en matière d’information ? Voici un exemple que je vous invite à méditer. Il s’agit d’une fake news selon Libération, mais elle contient pourtant quelques vérités, la couleur intermédiaire en quelque sorte entre le noir et le blanc.

Voici la supposée fake news sur laquelle s’est penché Libération (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

Pour faire court, l’auteur du document interprète les propos de l’économiste Attali en affirmant crûment que la société est constituée de gens âgés improductifs et donc économiquement trop coûteux mais aussi d’individus idiots et inutiles dont il faudrait se débarrasser. La formulation brutale ne peut que choquer même si elle contient quelque vérités. Elle rappelle aussi de sombres moments de l’Histoire. Pour atteindre l’objectif visé de ne garder que des personnes « viables » et productives il faut donc employer des moyens plus nobles et insidieux, l’auteur en propose plusieurs. Il est forcément catalogué « complotiste ».

Et voici ce qu’en dit libération dans un article consacré à cette information (j’en reprends un court passage) :

« Seulement deux phrases authentiques :

(…) Seules deux phrases sont authentiques et émanent bien de Jacques Attali : celle sur le coût des sexagénaires à la société citée plus haut, et une autre selon laquelle «il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement». Elles figurent dans un livre d’entretien de 1981, l’Avenir de la vie (éditions Seghers) où Jacques Attali est interrogé par le journaliste Michel Salomon.

Toutefois, l’économiste n’y plaide pas pour une euthanasie généralisée. Plutôt, il se prononce contre un allongement infini de la vie, après avoir exposé quelques réflexions sur l’intérêt des dirigeants et des entreprises à ce que les personnes vivent longtemps, selon leur état de santé. Le sujet de l’euthanasie ne survient qu’après, introduit par le journaliste qui l’interroge. Et Attali, sans la promouvoir, estime qu’elle sera un sujet central dans les années à venir. L’intégralité de ce passage est lisible sur le site de l’AFP Factuel, qui a reproduit un scan de ces deux pages du livre. » Fin de citation.

Après ce commentaire, on peut se demander où est la fake news ? Dans la première présentation du commentaire en cause ou dans l’interprétation qu’en donne Libération ? Ne sommes-nous pas dans la zone grise située justement entre le « Tout blanc ou tout noir » ? Il ne vous aura pas échappé que « Libé » utilise dans son commentaire l’adverbe « plutôt » (que j’ai souligné) et que l’on peut remplacer par « de préférence ». Le journal s’autorise donc aussi une interprétation subjective qui n’est pas forcément celle de l’auteur. Remarque d’autant plus surprenante que Libération, classé à Gauche, semble prendre la défense du mondialiste Attali connu pour ses positions très libérales. Il est vrai que de nos jours, et depuis le quinquennat de François Hollande, il est parfois difficile d’y voir clair entre Gauche et Droite sur de nombreux sujets.

Moralité de cette pseudo fausse nouvelle : il convient d’aborder prudemment les « infox » (ou « intox » ou encore « hoax » – admirez la richesse des anglicismes) et particulièrement celles parfois distillées par les médias. Juste un peu de recul permet parfois de se rendre compte qu’une fausse nouvelle peut posséder un fond de vérité. Encore faut-il se donner la peine de douter et de creuser le sujet.

Autre exemple de fake news avouée et donc reconnue par la gent journalistique supposée donner des leçons de morale en matière d’information. L’aveu, parce que s’en est un, est d’autant plus probant qu’il émane d’un journaliste connu (M. Quatremer ) – œuvrant pour Libération – et s’exprimant devant des collègues qui l’approuvent. Ceux-ci, à l’unisson, expliquent qu’il ne faut pas exacerber les passions en réveillant le populisme. Il convient donc de… travestir la vérité. Un document qui fera date et à conserver précieusement lorsqu’il faudra recadrer les ayatollahs de la bien bienpensance.  Merci à mon ami Christian qui me l’a adressé.

Je poursuis ce petit tour d’horizon des fake news en vous présentant une vidéo adressée cette fois par un autre ami, Gérard, à qui j’adresse aussi mes remerciements. Il s’agit de fausses nouvelles que je baptise « en devenir » car le temps doit faire son œuvre avant de se rendre compte qu’il y avait mensonge. Nous entrons là dans le monde merveilleux des prévisions gouvernementales, annonces et promesses  présidentielles que les médias amateurs de scoops aiment à diffuser en espérant que les gogos que nous sommes les auront oubliées. Mais grâce justement aux réseaux sociaux, ces empêcheurs de tourner en rond qui guettent les faux pas journalistiques, on découvre que dans le genre « Infox » les médias se font aussi l’écho de bien bonnes. Voyez cette petite vidéo. 🙂

Pour ajouter à la confusion en matière de fake news voici pour terminer une information surprenante confirmée par le magazine « Complément d’enquête« : des grandes marques françaises financent des sites diffusant des fausses nouvelles par le biais de la publicité ! Si, si ! Pour illustrer le propos j’ai trouvé une petite vidéo sur le Net qui établit le classement des marques qui s’illustrent dans cette spécialité. Là encore nous devons faire confiance aux journalistes. Pourquoi 5 marques et pas 10 ? Il y avait-il beaucoup de marques vertueuses repérées dans cette enquête ? Voir le reportage complet.

Au final, les fake news font désormais partie de notre quotidien. Il va falloir vivre avec et faire preuve d’une grande attention; particulièrement pendant les élections présidentielles où cette fois ce seront les puissances ennemies du pays (Russie, Chine…) qui se trouveront, si l’on en croit les médias, dans le collimateur de la désinformation. Les médias et la publicité qui les fait vivre (en plus des généreuses aides gouvernementales) vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Restons vigilants et ne soyons pas dupes.

Photos : article : https://blog.digimind.com/fr/veille-strategique/francais-face-medias-information-fake-news-les-chiffres – Article du Canard enchaîné – Vidéos : Arte – Internet – Youtube.