Le RIC

C‘est très tendance en ce moment et ça s’appelle Référendum d’Initiative Citoyenne. Coluche aurait certainement dit : “Voilà une idée qu’elle est bonne !“. C’est en réalité une vraie bombe réclamée par les Gilets jaunes  pour faire sauter, quand nécessaire, les gouvernements mais qui à mon avis a de fortes “chances” de se transformer en pétard mouillé.

Désolé de décevoir les nombreux citoyens qui ont foi dans ce mode de consultation populaire et qui en font même actuellement leur cheval de bataille, mais bien que certains politiques LREM affichent un a priori de façade, les gouvernants s’en méfient comme de la peste si l’on en croit les parlementaires qui le comparent au grand Satan. Il est vrai que le référendum est une arme à double tranchant qui certes permet d’associer le peuple à une prise de décision, mais qui peut tout aussi bien se retourner contre ses initiateurs et les désavouer; d’où sa faible utilisation sous la cinquième république et mon scepticisme quant à sa nouvelle mise en œuvre souhaitée par les Gilets jaunes. Ces derniers, ne nous le cachons pas, y voit un moyen efficace et rapide pour demander un retour sur des lois ou des décisions jacobines et éventuellement la destitution d’un Président pas assez attentif aux préoccupations du peuple.

En admettant donc que le RIC soit introduit dans la Constitution (tiens, ça tombe bien, Macron envisageait prochainement d’y apporter quelques retouches) il y a fort à parier qu’il ne convienne pas à ceux qui le réclament à cor et à cris. Les gouvernants qui ont toujours plusieurs coups d’avance auront pris soin de vider de sa substance toxique un texte référendaire dont les effets seront finalement indolores pour eux. Pour y parvenir ils restreindront son champ d’application à l’environnement, l’économie, ou le social. Sa portée sera limitée à la France uniquement tout en restant “Européen compatible” (1) et les conditions de son déroulement seront évidemment draconiennes. Des hics  pour le RIC en quelque sorte.

Nous serons fixés assez rapidement sur l’avenir de ce référendum d’initiative citoyenne si le Président Macron met, comme il l’a souhaité, son projet de révision constitutionnelle à exécution. (2)

(1) N’oublions pas que 80% de nos lois sont élaborées à Bruxelles. – (2) l’article 11 de la Constitution prévoit : “Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions“. 

Photo : internet

3 comments

  1. La représentativité  actuelle de notre vaste représentation nationale, de l’A.E. aux conseils municipaux, est inaudible et caporalisée. Si je possédais une baguette magique je désignerais par tirage au sort 50 % de nos représentants pour des cessions bloquées de 6 mois (critères de sélection : électeurs et bacheliers), nous avons aujourd’hui une population jeune éduquée et ouverte sur la société, ce système fait journellement ses preuves dans les jurys d’assises pourquoi pas en politique ? Deux avantages : ce système dynamiserait fortement le travail de nos représentants Élus et compliquerait la tache des lobbies. Il me semble essentiel que les citoyens se réapproprient l’organisation de leurs cités et prenons garde à la tendance de réduire cette représentation et d’éloigner les citoyens des centres de décision. Dernier point, l’administration n’est pas la représentation nationale, aujourd’hui il existe une grande porosité entre ces structures.

  2. Effectivement, le RIC pourrait s’avérer particulièrement dangereux et rendre le pays ingouvernable. Par contre, de même que pour la proportionnelle, il faudrait qu’il soit limité à certains choix ou décisions. Sinon, nous risquons de revenir aux dérives de la IVe République, avec des gouvernements qui se succédaient à un rythme incroyable. On a pu aussi constater que le quinquennat n’était pas franchement une réussite en liant l’élection du Président à celle des députés. Aussi, revenir au septennat (unique) pour l’élection présidentielle confèrerait sans doute plus de stabilité au fonctionnement du pays.

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