Société : on continue de mourir sur des brancards en France

Remarque préliminaire : le présent billet aurait dû être normalement publié courant décembre. Des évènements inattendus ont retardé sa publication. Mais compte tenu d’une affluence généralement plus importante aux urgences pendant la période des fêtes de fin d’année, ce léger décalage ne devrait pas avoir d’incidence sur le sujet.

On en parle peu mais la situation des urgences en France est catastrophique ! Seuls les malades et leurs proches le savent et les médias prompts à se saisir de sujets sensationnels restent frileux sur ce problème (1). Il faut vraiment que la situation empire pour que le thème soit abordé (épidémies, catastrophes, grèves…). Les causes sont connues de longues dates : manque de médecins, de lits, de matériels médicaux et de personnels qualifiés. Conséquences d’une politique européenne drastique infligée aux États en matière de dépenses, associée à des incuries administratives notamment dans la gestion des crédits alloués aux hôpitaux.

Cette situation devrait normalement perturber le sommeil des hauts responsables si tant est qu’ils soient les seuls en cause et inciter les fonctionnaires impliqués à trouver « urgemment » des solutions. La réintégration tardives des personnels non vaccinés – au fait combien étaient-ils à reprendre et dans quelles conditions ont-ils repris ? – n’a pas arrangé les choses. Pour mémoire jusqu’en mai 2023 la France était la seule, en compagnie de la Grèce, à avoir des scrupules à les réintégrer. Un luxe dont les hôpitaux se seraient bien passé. Dans l’immédiat, les effectifs de soignants sont toujours insuffisants et on meurt encore sur des brancards dans les urgences de nos hôpitaux ! (2)

Comble de la cocasserie et de l’insolence notre ministre éphémère et récemment démissionnaire Aurélien Rousseau, (ancien urgentiste de son état) condamnait cette situation en son temps quand il était lui même concerné. 🙂 On croit rêver ! (voir la vidéo ci-dessous).

Vraiment regrettable qu’il soit si vite parti !  Sa démission aurait eu davantage de panache, me semble-t-il, en évoquant son impuissance à maîtriser une situation sanitaire ingérable plutôt que d’invoquer une hypothétique suppression de l’AME (3) dans la future loi sur l’immigration. Une opportunité qu’il n’a pas hésité à saisir contrairement à ses collègues Sylvie Retailleau et Patrice Vergriete qui sont revenus sur leur décision.

Petite parenthèse concernant l’AME, la chaîne d’informations Cnews (4), nous apprend que l’hôpital Georges-Pompidou fait appel aux dons pour acquérir un scanner de dernière génération valant quelques millions d’euros !! Si, si ! Quand on sait que 8 milliards sur les 230 consacrés à la santé sont affectés à l’AP-HP, et que l’AME coûte 1,2 milliard d’euros (inscrits) destinés à des gens qu’on ne connait ni d’Adam ni d’Eve et qui ne devraient pas se trouver sur notre territoire, on se demande de quel syndrome sont victimes les preneurs de décision de notre système de Santé. (5)

En attendant la réponse, voyez cette courte vidéo sur les nouveaux « Embarras de Paris » façon Urgences.

(1) Début décembre les personnels des urgences des hôpitaux de l’Est de la France se sont mis en grève. Le sujet a été abordé sur la station RMC et expliqué. Ailleurs, j’ai entendu parler de « Plan blanc » mais pas de grèves à l’origine du plan blanc.  (2) Selon l’ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau 100.000 personnes seraient concernées par un stationnement obligatoire sur brancards !  (3) « Cette protection santé s’adresse aux ressortissants étrangers en situation irrégulière et précaire« . (Ameli.fr).  (4) Cnews dont les derniers sondages montrent qu’elle la première chaîne d’infos de France (entre 850.000 et 1.200.000 spectateurs selon les jours). Rien d’étonnant quand France info nous parle du climat et de l’empreinte carbone, LCI de la guerre en Ukraine et BFM/TV nous abreuve de faits divers. (5) « On ne peut héberger toute la misère du monde. » disait Michel Rocard. C’était avant la loi immigrationniste de l’Europe, et nous étions encore maîtres chez nous !

Sources : Photo : https://www.hospimedia.fr/actualite/fiches_pratiques/20200701-gestion-des-risques-comment-gerer-au-mieux-des – Vidéo Alpha media TV – Autre lien de la vidéo : https://youtu.be/CVwFsQ2a8x4 –  https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-hopital-georges-pompidou-lance-un-appel-aux-dons-pour-un-scanner-a-comptage-photonique-une-initiative-critiquee-20231228 – https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/budget-un-rapport-du-senat-epingle-la-progression-du-cout-de-laide-medicale-detat

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5 commentaires

  1. Robert o paxton écrit dans son livre « la France de vichy » (à lire comme un très bon roman) que la catastrophe de 40 est en partie celle de l’élite, nous y sommes.. Ensuite souhaitant réduire l’influence des Sciences Politiques ils créèrent l’ENA. Hélas, pensant réduire une chapelle ils ont construits une cathédrale… De mémoire il me semble qu’il existe une douzaine de bureaucratie pour la santé dont l’utilité discutable de l’ars.. Il devient urgent de s’occuper de la France…

    1. Bref, allons nous vers un de ces gouvernements les plus chers de la cinquième république comme le signale René Dosière avec 41 ministres et 600 conseillers ( pour faire quoi) ou un gouvernement resserré de combat ?

      1. Le problème est surtout de savoir d’abord : un gouvernement pour quoi faire ? Manifestement, le nouveau gouvernement va faire exactement la même politique que le précédent, ce qui revient à tout changer pour que, surtout, rien ne change. D’autant moins que le chef reste le même et décide de tout. Le Premier ministre n’étant plus, désormais, qu’un collaborateur. Par ailleurs, que l’on resserre ou pas le gouvernement, il est probable que le coût demeure conséquent dans la mesure où tout les cabinets ministériels et toutes les administrations ont pris l’habitude de faire appel à des cabinets de conseil, payés à prix d’or, en lieu et place des hauts fonctionnaires qui sortent pourtant des « grandes écoles ». Le problème aussi, dans notre pays, est cette sorte de consanguinité des élites (politiques, médiatiques, industrielles) qui sortent pratiquement toutes des mêmes milieux, puis des mêmes écoles prestigieuses pour se retrouver enfin dans les mêmes réseaux conduisant aux meilleures situations, aussi bien dans le secteur public que privé, tout en y pratiquant des allées et venues entre les deux à l’occasion. A force, c’est la sclérose qui envahit l’ensemble du système et qui peut expliquer les dérives actuelles du pays dans presque tous les domaines. Ce ne sont plus les entrepreneurs, les créateurs, les innovateurs qui sont aux manettes mais des héritiers, des rentiers, des technocrates et des gestionnaires. Vivement la prochaine révolution !

  2. Ayant participé à du secourisme routier, il y a quelques années, les problèmes d’aujourd’hui existaient déjà. Une réception médicale à l’entrée orientant les personnes vers un accueil relevant d’une maladie simple ou les bobos ne nécessitant que de simples soins, réduirait de 50% le travail des urgentistes et leur donnerait plus de temps pour les vraies urgences. Il suffirait aux directeurs des hôpitaux et aux politiques de le concevoir. Ils sont malheureusement trop irresponsables pour prendre une telle décision. Cela vaut pour l’ensemble du service public, dont les responsables sont en majorité issus de l’ENA. Ils ne savent gérer que des dépenses et que pour limiter ces dépenses, il ne connaissent que la réduction du personnel.
    Pourtant avec un peu de bon sens, le service public serait amélioré pour le bien être de tous. Oui, mais il faut faire preuve d’imagination et de capacités de choix, impossible pour eux ils n’ont pas été formés à prendre ces responsabilités.

  3. La situation des Urgences, des Hôpitaux, de la Santé et, plus généralement des Services publics en France est connue depuis des années, voire des dizaines d’années. On en déplore la dégradation progressive et organisée depuis trop longtemps sans que rien ne change, bien que les personnels soignants, les médecins nous alertent depuis tant d’années. Et, comme d’habitude, personne ne bouge. Encore moins les autorités dites responsables puisque les patients ne leur mettent pas la pression et continuent à voter pour les mêmes qui réduisent les effectifs et les moyens, conseillers par des cabinets payés à prix d’or. Comme d’habitude, le citoyen réagit quand il est trop tard : quand il est devenu le patient attendant indéfiniment aux urgences, ou un rendez-vous chez tel ou tel spécialiste. Ben, il est peut-être un peu tard, n’est-ce pas ? Qui a participé aux manifestations organisées par les soignants et les organisations syndicales de l’Hôpital du Scorff (et d’ailleurs) ces derniers temps, mais aussi depuis des années pour obtenir des effectifs et des moyens afin d’assurer leur mission ? Ben, là encore trop peu de ces citoyens-patients-consommateurs qui viennent beugler maintenant que l’on risque sa peau (ou presque) à l’Hôpital. La faute à qui ? Sûrement pas à ces personnels soignants dévoués jusqu’au burn-out, mais d’abord à chacun resté trop longtemps dans l’indifférence.

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