Retraites : on ne va pas tarder à voir plus clair

Plusieurs mois de négociations n’auront pas suffi pour trouver la bonne formule. Il est vrai que, si dans les discussions l ’État s’est arcbouté sur ses positions, il n’y a rien de surprenant qu’on en soit arrivé là. Il aura donc fallu une forte mobilisation des Français le 5 décembre (entre 800.000 et 1,5 million de personnes) – l’exécutif ne s’attendait pas, parait-il, à plus de 300.000 manifestants dans le pays ! – et surtout la perspective d’un blocage du pays à l’approche de Noël pour lui rendre raison.

Macron reprend donc la main selon l’expression consacrée. On pourrait donc penser que son gouvernement a mal travaillé jusque-là, où que peut-être le sujet n’était pas au centre de ses préoccupations. Il est vrai qu’il voyage beaucoup et qu’il a d’autres chats à fouetter.

Quoi qu’il en soit le gouvernement n’a devant lui que 3 possibilités : abandonner le projet, lâcher beaucoup de lest ou le reporter aux calendes grecques.

Ça va donc discuter dur ce dimanche après-midi 8 décembre 2019 autour du Premier ministre. Ses collaborateurs viendront-ils à Matignon la fleur au fusil, en baskets et sac à dos comme le week-end dernier ? Pas sûr. Après Matignon, ce sera le grand rendez-vous de l’Élysée un peu plus tard dans la soirée pour mettre la dernière main aux annonces sous la haute autorité du Président qui donnera ses dernières consignes. Demain Delevoye l’homme qui cumule traitement et retraite, portera la bonne parole tout en disant le moins possible, laissant à Édouard Philippe, son chef, la primeur des décisions qui seront officiellement divulguées mercredi prochain. Il faudra trancher entre les “budgétistes”, ceux qui veulent faire des économies sur le dos des retraités (Le Maire, Darmanin…) et les autres “systémiques” qui n’en veulent qu’à la réforme. Car le but de la Réforme, vous vous en doutez, n’est pas  la mise en place d’un système annoncé égalitaire et universel mais bien de faire des économies avant tout. Seuls quelques naïfs et idéalistes croient qu’une forme d’égalité est encore possible dans un pays multi-fracturé.

En attendant le dénouement de cette réforme à l’avenir incertain, les actifs vont galérer un max les jours prochains. Il ne faudra donc pas que cette affaire dure trop longtemps, ce qui reste tout à fait envisageable vu la détermination de la CGT et de Sud Rail. Quand on sait qu’en 1995 le ci-devant Juppé, droit dans ses bottes, a mis 22 jours pour abdiquer, on ne peut qu’être inquiets.

Reste à espérer que Edourd Philippe, l’élève de Juppé, sera plus intelligent que son maître et retiendra la leçon…

Photo : https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/reforme-des-retraites-comprendre-larnaque-en-8-minutes-10112313

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2 commentaires

  1. Dans l’actualité, à la veille des élections en Algérie, des manifestations réitèrent pacifiquement chaque semaine depuis des mois, la soif d’une véritable démocratie, pour ne citer que cet exemple car les populations occupent bien des places publiques d’un bout à l’autre de la planète …
    Chez nous, après les réformes successives, la retraite des citoyens de notre bon vieux pays se trouve à nouveau sur la sellette : je formule le vœu qu’il en résultera enfin une expression de maturité ambitieuse à la hauteur des enjeux sociétaux que nous méritons bien puisque les objets même connectés, robots non soumis à cotisations, taxations, surveillance, punitions jusqu’à destruction ( la protestation ou rébellion n’étant pas inscrites dans leur programmation ), ne sont contribuables & consommateurs !
    Faudra-il engager des mercenaires ( suisses sous les royautés ) pour maintenir l'”ordre” tant prôné et rendre ainsi nos contrées formatées à l’envi pour nos dirigeants successifs ?
    Pourquoi cela ? il s’avère que certaine profession de régimes spéciaux, sans droit à la grève, réclame un traitement spécifique pour la garantie de ses droits : on est loin d’un traitement égalitaire effectif et pérenne garantissant l’équité pour tous…
    Je souhaite cette fois que l’esprit ayant prévalu après la seconde guerre mondiale inspire les interlocuteurs en charge de ces responsabilités, animés de cette ambition d’avenir plus constructif avec la fierté inhérente aux courageux porteurs d’espoirs devenus réalités, ce dont chacun peut s’investir, avec son précieux potentiel à révéler.

  2. Bravo Jean, pour cette analyse très lucide !
    Je crois, hélas, que vous avez tout juste…
    Nous sommes de + en + nombreux à avoir compris (multiples preuves à l’appui) que Macron est là pour casser le pays, au profit de ses amis de la finance. C’était son projeeeeeeet, et il l’accomplit, froidement, avec méthode et détermination.

    Cela dit je suis de votre avis, la réforme des retraites, c’est pas gagné !
    Je compatis, comme vous, à la galère des actifs, mais bon, tous les acquis se sont toujours arrachés de haute lutte, et… on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, n’est-ce-pas ?!
    Une galère de quelques semaines pour éviter une galère de plusieurs années, est-ce-que ça n’en vaut pas la peine ? Moi je crois que si !

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