Des chiffres et des mots : chipotons !

Après quelques jours de vacances, je reprends le stylo pour disserter sur un sujet que vous considèrerez probablement frivole et distrayant encore que, pour certains puristes, l’exactitude des informations ainsi que le choix des mots, dont je vais vous entretenir, sont de nature à ne supporter aucune entorse. Qu’ils me pardonnent ! Dans le collimateur de mon billet, une nouvelle fois, nos amis journalistes sans lesquels l’actualité se résumerait à des affaires de voisinage et des commérages de bas étage. Remercions-les au passage pour la diversité inépuisable des sujets qu’ils nous proposent. Bon, il ne faut pas que j’en fasse trop non plus !

A propos de la précision des infos rapportées, mon attention a été attirée par les incidents en cascades rencontrés par trois TGV de la SNCF remontant du Sud-ouest vers Paris, dans la nuit de dimanche à lundi 31 août 2020 ; et plus précisément par le nombre de passagers concernés par ces incidents. Les médias se sont emparés du sujet et les chiffres ont connu une folle agitation. Selon le Parisien, dans son édition du lundi 31 août, ils étaient 2.500 à bord. Ne connaissant pas le nombre de voitures encadrées par les deux motrices, (généralement 8 s’il s’agit de TGV Duplex) le chiffre de 2.500 me parait un tantinet exagéré, à moins que les trois rames concernées étaient chargées à bloc et que certains passagers voyageaient debout. Mais considérons ce chiffre exact. Vers midi, ce même lundi, une radio nationale annonçait que les passagers n’étaient plus que 1.000 et RTL dans un flash l’après-midi, ramenait ces malheureux à quelques centaines ! Cette fois, les trois rames ne devaient pas rouler au complet. Cet exemple anecdotique montre que l’exactitude des chiffres n’est pas  la préoccupation des journalistes. Ils servaient tout simplement, en l’occurrence, à illustrer le propos. 

Pas très grave me direz-vous tant que les chiffres du chômage, les différents sondages et les statistiques ne subissent pas le même traitement, au doigt mouillé. 🙂

Concernant notre belle langue, la journaliste Céline Kallmann, dans son journal de 8 heures sur RMC, nous apprenait que notre Président nous avait gratifiés d’une superbe faute d’orthographe en faisant une liaison « mal-t-à propos ». Il a mis un « S » à mille (invariable) et dit « … aux quatre cent mille(s) enfants... » Shocking !!! En réalité, je pense que Monsieur Macron a été victime d’un lapsus linguae car ses connaissances de notre langue ne doivent avoir rien à envier à celles de nos journalistes quand on sait qu’ils ne sont pas toujours exempts de tout reproche dans leurs commentaires. Quelques exemples entendus çà et là : « Y’a » au lieu de « Il y a » – « Ya plusieurs alternatives » au lieu de « Il y a plusieurs possibilités » (l’alternative étant le choix entre deux options et pas plus) – « Un espèce d’individu » au lieu de « Une espèce d’individu » (le mot espèce étant un nom féminin qui ne change pas de sexe au gré de son usage) – « Il y a plein de monde » au lieu de « Il y a beaucoup de monde »  Demain monsieur Castex reçoit… recevra ce n’est pas mieux ? Un dernier exemple qui illustre une nouvelle tendance : « Il n’y a plus personne dans le jardin… dans la maison aussi » vous ne trouvez pas que « dans la maison non plus » est plus agréable à l’oreille ? Allez ! J’arrête là mon énumération au risque de vous ennuyer. 

En conclusion, il me semble que la vérité et la compréhension passent nécessairement par la précision des termes employés pour s’exprimer. Les journalistes et chroniqueurs de tout poil devraient donc faire preuve d’une rigueur constante dans leurs propos. Partagez-vous ce point de vue ?

C’était ma rubrique tatillonne « Ça m’énerve, il fallait que je le dise ».

Pour les curieux, voici le lapsus de notre Président :

Photo : Internet et https://www.lepointdufle.net/p/lexique_nombres.htm

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