Politique : pas d’incorruptibles à Paris ni à Bruxelles

Vous l’ignoriez probablement, mais pour se présenter à la députation il n’est pas nécessaire de posséder un casier judiciaire vierge. Étonnant non ? Cette «dérogation» est tout à fait légale et se justifie par le «principe d’individualisation des peines». Internet donne la définition suivante de ce principe :

«L’individualisation des peines est cruciale car elle permet d’adapter la sanction à la personnalité du délinquant, à la gravité de l’infraction et à son potentiel de réhabilitation, favorisant ainsi une réinsertion sociale efficace et réduisant les risques de récidive.»

Comme moi, vous avez compris qu’un futur député de la nation peut être jugé pour différents délits mais grâce à la réinsertion sociale, la loi estime que, les risques de récidive étant réduits, il y a de fortes chances pour qu’il se réinsère grâce à la députation. Internet cite l’exemple ahurissant de cette candidate RN septuagénaire qui, condamnée en Mayenne pour une prise d’otage à main armée en 1995, a pu se présenter aux législatives malgré son casier judiciaire. 

On peut légitimement se demander maintenant combien de ces «repris de justice» fréquentent aujourd’hui le palais Bourbon ? Pour tenter de répondre à cette question, j’ai donc procédé à quelques recherches avec l’aide d’Internet. La tâche n’a pas été aisée car beaucoup de représentants de la Nation, bien qu’ils ne peuvent être à la fois député français et européen, ont été l’un puis l’autre ou inversement, et condamnés dans une situation ou l’autre. Les résultats obtenus sont donc loin d’être exhaustifs.

Les recherches m’ont conduites à sortir de l’hexagone et m’ont permis de constater que le Parlement européen a aussi ses brebis galeuses à telle enseigne que le site fr.statista.com a consacré de nombreuses enquêtes au sujet. Je vous ai donc réservé en fin de billet quelques graphiques qui illustrent cet état de fait.

Pour en revenir à la France, je me suis intéressé aux partis situés à l’extrémité de l’«arc républicain». Là où justement les comportements extrêmes peuvent être observés. Et voici ce que j’ai trouvé pour l’extrême gauche. Vous noterez que parmi les noms cités qui défrayent actuellement la chronique judiciaire on trouve un large éventail de mis en examen, condamnés, sous enquête, drogué, ancien dealer, fichier S…

Pour l’extrême droite, j’ai été moins chanceux côté vidéos. J’en profite, en passant, pour vous solliciter. Si vous possédez une vidéo similaire mettant en cause les députés RN, je vous saurais gré de m’en apporter une copie que je ne manquerai pas d’ajouter au présent billet. En attendant, voici quelques informations les concernant. A noter que contrairement aux Lfistes qui présentent une large palette de délits réels ou supposés, les RN sont plus spécialisés et se distinguent essentiellement par des recels et des détournements de fonds publics.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Figaro a procédé à un recensement, apparemment exhaustif, des condamnations (France et Europe) infligées aux représentants du FN. 

Graphiques issus du site fr.statista.com (cliquez dessus pour les agrandir) :

 

En conclusion, on s’aperçoit que les représentants du peuple sont à l’image de ceux qu’ils représentent. Il y a partout des gens biens et d’autres qui le sont moins. C’est peut-être le but recherché par le législateur. Néanmoins, un contrôle plus stricte des prétendants à la députation tant sur le plan intellectuel que moral, aurait le mérite d’éviter un surnombre d’intrus et permettrait d’élever les débats à l’Assemblée comme au Sénat.

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Sources : Photo billet : https://frenchmoments.eu/palais-bourbon-paris/ – https://quelle-demarche.com/extrait-casier-judiciaire-vierge/ – https://www.sudouest.fr/elections/legislatives/legislatives-2024-une-candidate-rn-avait-ete-condamnee-pour-sequestration-avec-arme-selon-des-medias-locaux-20396918.php –  Vidéo Internet – https://www.lefigaro.fr/  – https://fr.statista.com/infographie/33166/affaires-scandales-deputes-parlement-europeen-distribution-par-type-corruption-fraude-abus/ – https://fr.statista.com/infographie/33574/personnalites-politiques-condamnees-en-justice/ 

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Un commentaire

  1. Certes ils ont commis des fautes relevant d’une sanction judiciaire. En soulevant ce fait, cela me gêne énormément. J’ai personnellement toujours considéré que le droit à l’erreur appartient à chacun qu’il fasse partie de la France d’un bas ou de la France d’en-haut et dans votre écrit c’est de celle-là que vous visez. Je reconnais qu’effectivement, on peut être étonné que des personnes élues, sanctionnées pour ces manques de probité, puissent aujourd’hui faire partie de ceux qui sont aux commandes du pays. N’auraient-elle pas envie de profiter de cette acceptation implicite de leurs méfaits pour les reproduire : infractions de fraude et détournement de fonds, comportements inappropriés ou indécents dans la sphère professionnelle, abus de manipulations d’informations, inconduites dans la sphère privée, corruption, etc. …
    Nous pouvons avoir cette crainte, mais pour autant on ne peut rien leur reprocher. La responsabilité de cette situation revient à ceux qui ont choisi de les élire. C’est tout le problème des élections. Nous votons, en nous lavons les mains de la responsabilité de ce geste. Le meilleur exemple que l’on peut citer est ce qui se passe aujourd’hui en France. Nous, électeurs, sommes responsables du cahot actuel en France. Nous avons élu des députés qui récusent systématiquement et avec véhémence les idées de ceux qui ne sont pas de leur groupe, persuadés que les leurs sont les meilleurs. C’est l’absurdité la plus totale. Nous citoyens de la France d’en-bas, une fois que ces élus prennent possession de ce pouvoir, ne représentons plus aucune valeur, si tant est qu’ils aient pensé que l’on en est eu. Nous les regardons s’écharper, s’appuyant sur notre silence et nous, nous contentons d’hausser les épaules.
    Dans une entreprise un haut responsable qui commet des erreurs pouvant mettre en danger l’équilibre et l’avenir de l’entreprise, peut avoir sa responsable pénale engagée, tout comme sa responsabilité civile, faire l’objet de sanctions disciplinaires, de révocation. Ces sanctions visent à protéger l’entreprise et ses employés contre les conséquences néfastes de l’implication d’un dirigeant dans ses erreurs graves. Nous nous contentons de courber la tête et de payer : notre pouvoir d’achat s’amenuisant, les retraités devant avoir leur retraite ponctionnée… Quant à eux, rien !
    Alors je me permets de renouveler ce que j’ai écrit il y a quelques années : supprimer au moins 50% des députés et hauts fonctionnaires cela, c’est pour les futures élections et dès maintenant les ponctionner 1000 ou 2000 euros chaque fois qu’ils bloquent systématiquement par leur comportement, le fonctionnement de la France. Ils hésiteront peut-être à moins s’amuser avec nous.

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