Fake news : quand France Inter interprète l’information à sa façon

Sidérant ! 

Voici un extrait (en fin de billet) du journal de 13h de France Inter entendu le 31 octobre 2025.

La journaliste affirmait, en présentation du sujet, que la baisse du prix de l’électricité avait incité le maire de Marchiennes dans le département du Nord (4506 habitants en 2022) à réactiver l’éclairage de la commune entre minuit et 5 heures du matin.

Après écoute du reportage, il apparait que ce sont les habitants de la commune qui, ne se sentant pas en sécurité la nuit, ont demandé au maire que les lumières fussent rallumées. L’insécurité était donc la raison principale de ce retour à la lumière et non la baisse du prix du kilowatt (1) comme affirmé ! L’édile ajoutait un motif supplémentaire à l’abandon de l’éclairage en affirmant que l’obscurité favorisait aussi les dégradations. 

Par ailleurs, calculette à la main, il s’est aperçu que l’économie espérée en éteignant ses lampadaires (40.000 euros) n’était en réalité que de 10.000 euros. 

Le gain ne valant pas le coup (coût ?), le maire a donc préféré jouer la carte de la sécurité plutôt que de faire des économies de bout de chandelles ! Et voilà comment on travesti la réalité sur France Inter !

Comme l’affirme sa consœur Léa Salamé, présentatrice du 20h sur France 2, : «l’information c’est le moment» et, même si elle est fausse on s’en moque, l’essentiel comprend-on est de passer rapidement à la suivante. Curieuse manière d’informer quand on se prévaut «de garantir une gestion exemplaire et une conduite éthique dans toutes ses actions». Voici l’extrait en question qui dure 1mn 43. 

(1) Remarques concernant le prix de l’électricité : si effectivement on a observé une baisse notable du prix du kW en 2025, il ne faut pas oublier que cette baisse intervenait après une forte hausse décidée en 2022… et que cette baisse s’est trouvée relativisée par des hausses de taxes concomitantes  ! Ce qu’oublie aussi de préciser la journaliste de service sur France Inter.  

Sources : Photo du billet :  Site de France Inter – https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-journal-de-13h – Adresse de l’extrait de l’audio : https://jean-de-pont-scorff.fr/wp-content/uploads/2025/11/France-Inter-manipule-linformation-Le-13h-du-vendredi-31-oct-2025-Le-prix-delelectricite-baisse-parait-il.mp3.

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2 commentaires

  1. Toutes les informations que nous écoutons ou lisons n’ont pour objectif que de nous manipuler en fonction de ce que le concepteur de l’information veut nous faire passer. Prenons un simple exemple.
    Un journaliste sur le terrain filme plusieurs scènes en fonction de ce que sa sensibilité le pousse à filmer tout en donnant ses sentiments. Il adresse le tout à son journal. Son rédacteur en chef, veillant à ce que tous les contenus soient dans la ligne éditoriale du média fait sa sélection, incluant indirectement ses émotions ou ses sentiments ou sa ligne de valeur politique. Il y a ensuite le ou la journaliste qui va présenter le sujet : en ajoutant ses propres sentiment et les consignes spécifiques données, il module le son de sa voix et ajuste son comportement. Et nous dans cette affaire, prêt à tout croire, nous sommes les benêts de service. C’est du gavage d’oies avec lequel nous nous satisfons.
    Les chaînes privés qui depuis quelques années manipulent allègrement les opinions et les informations à coup de « fake news ». La désinformation fait le jeu d’un courant de pensé d’extrême droite, qui prend naissance outre-Atlantique et vient s’imposer dans nos médias Européens. Il est très difficile de contrer ces mouvements, où, les invités comme les présentateurs, s’autorisent des courbettes mutuelles à peines cachées et, plus grave, relayent des informations totalement fausses, racistes et radicales. L’Arcom ne suffit pas à réguler les discours et lorsqu’une chaîne est fermée (cf: w9 avec Hanouna) une autre en est ouverte.
    C’est très dangereux, car en plus de prendre les téléspectateurs pour des idiots, cela participe à une propagande politique non démocratique qui a pour conséquence la normalisation de propos autrefois condamnés fermement. J’aurai presque envie de relire « Rhinocéros » de Eugène Ionesco.
    En revanche, il est important pour moi de souligner l’ultime nécessité des médias du service publique. De ne pas oublier l’importance de l’indépendance journalistique. Si les médias sont considérés comme le quatrième pouvoir, il n’en reste pas moins qu’il ne faut absolument pas supprimer les chaînes publiques. Elles diffusent des programmes inclusifs. On peut trouver sur France 2 les enquêtes d’investigation d’Elise Lucet qui permettent de faire lumière sur beaucoup de sujets de société. Les reportages sur le magazine de la santé où journalistes côtoient professionnels pour informer la population. Cela permet de déconstruire les informations « antivaccin » massivement relayées par des réseaux étrangers et des chaînes privées. Il s’agit également, à la radio, à l’écrit comme à la télévision, d’apporter de la satire, de se moquer des politiques, de défendre des idées de liberté et d’égalité si chères aux valeurs de notre pays.
    Il y a 10 ans des journalistes mourraient sous les balles au nom de cette même liberté. Il est toujours nécessaire de défendre des droits qui sont encore trop souvent opprimés dans des pays voisins.

    Le dernier pape élu a dit, il y a quelques jours/semaines, que les médias étaient le dernier rempart aux fausses informations générées par l’IA. Tout n’est pas vrai, tout n’est pas faux dans cette phrase. Mais la pluralité des médias, l’indépendance et diversité des opinions sont autant de protections face à la vague de la dictature de l’information.
    Je finirais par souligner qu’aujourd’hui les journalistes ne sont plus seulement derrière un journal, une caméra ou un micro. Ils sont sur internet par le biais de podcast, ils sont sur les réseaux sociaux. Tout le monde ne peut pas être journaliste mais tout le monde peut diffuser une information et un message. Il n’en reste pas moins cette facilité dangereuse. Mais aussi, et c’est ce qui fait notre monde, passionnant. Car l’information reste toujours aussi puissante, elle prend de l’ampleur, elle grossit, parfois elle dégonfle plus vite qu’elle n’est arrivée, mais sa rapidité et la multiplicité de ses supports la rend toujours au centre de nos vies et de nos avis.
    Je crois qu’il faut souligner que l’accès à l’information n’est plus seulement réservé aux élites, aux érudits et à ceux qui le prétendre d’y être, mais à tous. C’est un pouvoir grisant pour les opportunistes des idées manipulées. Surtout quand on sait qu’une bonne majorité de citoyens ne se sentent bien dans leur tête et leur corps qu’après avoir fumé ou s’être injecté des produits dopant ou calmant leur permettant de croire qu’ils peuvent naturellement s’affirmer aux yeux de tous. D’autres sont totalement sous la dépendance d’influenceurs leur faisant miroiter qu’en appliquant leurs principes, ils auront une image de marque bien plus valorisante, aux yeux de tous. Plus globalement, les publicités nous le suggèrent tous les jours : nous sommes pris pour des benêts. N’oublions pas les réseaux sociaux qui donnent à de nombreux citoyens, la possibilité de croire, sous le principe de l’anonymat et de l’arrogance qu’ils ont de la personnalité, du savoir et d’Aujourd’hui, des millions de français totalement soucis à des personnes qui pensent qu’elles ont le pouvoir de leur statut obtenu de droit ou gagné par internet, sont au garde à vous. Ils réalisent exactement ce que disait Albert Einstein : Pour marcher au pas, un cerveau n’est pas nécessaire.
    Pourtant la vraie information et non la fausse information que l’on nous délivre en permanence, est source d’une réelle liberté pour les citoyens et les civilisations
    l’intelligence.

  2. Une « fausse nouvelle » ou une nouvelle mal interprétée … Quel drame ! Quel foin ! Peut-être parce qu’il s’agit du Service Public alors que les fake news foisonnent sur les ondes et sur les médias privés. Tout particulièrement chez les nervis de Bolloré. Aussi, pour des informations aussi banales, il n’y a vraiment pas de quoi déclencher un pareil barouf.

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