Le coronavirus menace nos stocks de médicaments !

Dans l’immédiat, il y a du stock, donc tout va bien pour ce spécialiste – es pénurie de médicaments – de l’Académie nationale de pharmacie qui était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 13 février 2020   (son interview est en fin de billet). Mais il faut savoir que l’Europe est dépendante de l’Asie à 80% de sa production en matière première de médicaments; la Chine et l’Inde étant ses principaux fournisseurs. On voit se profiler le danger.

Quelle drôle d’idée d’aller là-bas pour s’approvisionner en génériques, antibiotiques, vaccins et autres anti-cancéreux indispensables aux européens ! Il n’est pas nécessaire de vous faire un dessin, vous l’avez compris, si l’on a besoin de la Chine et de l’Inde ce n’est pas parce que ces pays sont en avance en pharmacologie comme nous le sommes en aéronautique. Mais tout simplement parce que des entreprises européennes et notamment françaises se sont installées là-bas, à l’abri du fisc et à portée d’une main d’oeuvre et de matières premières à bas prix. Sans oublier l’extrême complaisance des autorités chinoises en matière d’environnement.

D’après le spécialiste, 3.000 usines fabriquent, pour l’Europe, des médicaments en Chine et 4.000 en Inde.  Il y a en Chine un “fleuron” de notre industrie pharmaceutique; Sanofi (Dépakine) qui emploie 8.000 personnes dans 8 succursales et 3 unités de production dont le rythme de fabrication a forcément ralenti à cause du virus. Les conditions sanitaires deviennent préoccupantes de même que l’attitude des autorités politiques, imprévisibles en pareille situation.

Il serait bon qu’à la lumière de cette propagation de virus, notre commissaire européen à la santé se libère de l’emprise des lobbies et reconsidère les conditions de délocalisation dans les pays sur lesquels l’Europe n’a aucun pouvoir. Il faudrait donc relocaliser urgemment, mais il y a peu de chance que ces sociétés veuillent retrouver en France ou en Allemagne des conditions de travail qui les ont fait fuir !

Le libéralisme est parait-il né en France. Une invention manifestement à repenser.

Photo : Exoportail.com

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8 commentaires

  1. Je crains davantage les virus et autres bactéries que la guerre nucléaire, Rabelais dirait de nos jours ” Commerce sans conscience n’est que ruine de l’âme” – Pendant ce temps les politiques sont aux Champs à disserter sur leur quotidien dans les odeurs de lavande ”  Messieurs et chers Administrés ” et tout le petit bois conspire pour l’empêcher de composer son discours – C’est criant de vérité..

  2. Les conséquences de la délocalisation de la fabrication des médicaments a été abordée récemment dans l’émission d’Elise Lucet, notamment concernant la pénurie de certains médicaments due au fait que la France était moins bien ravitaillée que d’autres pays parce qu’elle payait moins bien les laboratoires. Des laboratoires qui, en fait, font la loi, organise la pénurie, délocalisent, etc. Comme en beaucoup d’autres domaines, hélas, les états et leur gouvernement n’ont plus la main et deviennent dépendants des multinationales. Et, bien entendu, au final, c’est le patient qui dérouille …

    1. Dire que pendant ce temps, les forêts en Asie et en Amazonie continuent à brûler !
      Or, outre des réserves d’oxygène, elles contribuent à préserver des plantes médicinales précieuses pour nous soigner mais que l’avidité du système économique réduisent comme peau de chagrin,chaque jour davantage…
      Si au moins, cette situation dramatique de virus survenue en Chine pouvait constituer une prise de conscience à l’origine d’une réactivité salutaire à l’échelle mondiale, de nature à inverser le processus en cours, inexorable destructeur de vies !

  3. En 2008, dans un pays qui n’est pas le nôtre, lors de la grande dégringolade de la bourse, une responsable d’un grand magasin de ventes de fleurs a réuni ses employés et leur a expliqué la situation suivante.
    Je tiens à garder le bénéfice que je fais actuellement pour cela, j’ai plusieurs possibilités qui s’offrent à moi :
    – J’augmente le prix des fleurs. Le risque est que je perde des clients et ce sera catastrophique pour mon bénéfice et je vais devoir licencier au moins 4 personnes.
    – Si je n’augmente pas le prix des fleurs, pour garder mon bénéfice, je vais devoir licencier 4 à 5 personnes d’entre vous.
    – Si je n’augmente pas le prix des fleurs, je réduis votre temps de travail à tous de 50% pour que je garde mon bénéfice et vous continuer à travailler pour moi.
    En conséquence, je vous laisse le choix. Il est facile de comprendre que tous ont pris la troisième possibilité : le chômage dans ce pays est moins bien payé qu’en France.
    Il en est de même pour les industries pharmaceutiques. Si elles reviennent en Europe, quel sera le coût des produits pharmaceutiques, sachant que ces entreprises veulent garder leur bénéfice ?
    Qui pourra se les payer, quand on sait qu’une part non-négligeable de la population ne bénéficie que d’une mutuelle à minima.
    De toute façon, les mutuelles augmenteront leurs tarifs. Les jeunes, les chômeurs, les retraités ne sont pas tenus à bénéficier d’une mutuelle. Pour certains d’entre eux, se payer une mutuelle relève de l’impossibilité. Cela est aussi une réalité.
    Je veux bien tout, mais laisser ce choix aux politiques qui n’ont pas de réels soucis pécuniers en fin de mois, c’est extrêmement dangereux.
    Certes attirer notre attention, c’est une chose, mais encore faut-il donner la possibilité aux lecteurs de faire des choix, en ayant toutes les données en main.

    1. En réponse à Tanguy qui semble regretter que je n’apporte pas de solutions aux problèmes que je mets en exergue, je précise que mon blog n’a, modestement, pour objectif que de montrer à mes concitoyens ce qu’on leur cache ou qui se cache parfois sous des pratiques qui se veulent vertueuses.

      Quant aux solutions, si elles relèvent, comme c’est le cas pour la gestion des stocks de médicaments, du domaine régalien de la Santé, elles sont de la compétence de celles et ceux qui ont été désigné.es pour les trouver. Malheureusement, les crânes d’œuf qui les conseillent sont pour la plupart d’entre eux des lobbyistes qui roulent pour le privé. Il reste néanmoins à l’Etat des moyens coercitifs qu’il peut mettre en œuvre. A défaut, on peut le taxer d’incompétence ou de complicité.

      Merci Tanguy pour l’intérêt que vous portez à mon blog et vos commentaires qui ouvrent le débat. Cordialement.

    2. Il existe pourtant un plan ” B ” celui décrit par Maurice Allais notre seul prix Nobel d’économie iconoclaste et Bâillonné. Cet intellectuel prônait des idées libérales pour produire de la richesse et sociales pour capter l’argent illégitime et le ramener vers l’humain. Ce théoricien de l’économie dénonçait l’aveuglement de la logique néolibérale et de la libéralisation totale du commerce international. Il plaidait pour un protectionnisme éclairé. Hélas le débat d’idée actuel se situe au niveau de la braguette.. Affligeant ! J’imagine les Hubert Curien et autre Malraux..

      https://www.les-crises.fr/le-testament-de-maurice-allais/

  4. Il me semblait que le Mediator était produit par les laboratoires Servier…
    En revanche, c’est bien Sanofi qui produit la Dépakine, autre scandale sanitaire.

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