Pandémie du Coronavirus Covid-19 : L’Europe seule coupable ?

Il ne vous aura pas échappé que j’ai ponctué le titre de ce billet d’un point d’interrogation. A mes yeux, si la culpabilité de l’Europe (Parlement, Conseil, Commission) est indéniable dans cette pandémie, elle n’est pas la seule à devoir s’assoir sur le banc des accusés majeurs. Les organismes supranationaux comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’ Organisation des Nations Unies (ONU) et les autres organismes, qui en dépendent, auront également leur place de réservée sur ce banc lorsque le moment sera venu de rendre des comptes… ainsi que quelques autres qui gesticulent et se cachent derrière une fausse réalité; nous le verrons un peu plus loin.

Alors me direz-vous, en quoi l’Europe est-elle coupable dans cette tragédie ? Eh bien tout simplement parce que c’est elle qui a en mains la destinée du vieux continent. N’oublions pas que 80% des lois qui  régissent – pas moins de 450 millions d’européens – germent dans les cerveaux formatés des eurocrates bruxellois et malheureusement contaminés par les lobbyistes de tout poil qui campent en permanence autour du Parlement.

Dés lors, l’action de Bruxelles n’a plus qu’un objectif : satisfaire les GAFA, l’agroalimentaire, la chimie, la pharmacie et j’en passe, et faciliter leur course aux profits en garantissant, noble tâche, la libre circulation des personnes, services, capitaux… et virus. Les états membres, liés par traités, suivent la voie tracée et n’ont qu’une préoccupation qui étrangle les peuples : se désendetter en maintenant le déficit budgétaire au-dessous du seuil de 3%. Sont bannies les dépenses sans intérêts (aux sens propre et figuré) comme la Santé. Savez-vous que sur les centaines d’articles qui composent le traité de Lisbonne, un seul concerne ce secteur vital pour les européens. Et que dit cet article ? “La santé est de la compétence des états” (voir la vidéo 1 ci-dessous). Et là, tout à coup, on voit apparaitre les autres coupables qui se cachaient habilement derrière l’Europe : les États !

L’État français qui sait depuis de longues dates l’importance de prévoir suffisamment de moyens et de matériels pour faire face à une éventuelle épidémie. Voici ce que disait François Hollande – le Président qui parlait trop aux journalistes  (1) – lors de son discours du 21 février 2017 sur la recherche vaccinale face aux maladies émergentes (2) :

J’ai eu, comme l’a dit monsieur Yves LEVY, l’occasion de mesurer ce que peuvent être les conséquences d’une épidémie. Je m’étais rendu en effet en Guinée, lors de ce qui était la plus grave crise sanitaire de ces dernières années, lorsque le virus Ebola pouvait détruire des familles entières et menacer des vies. Je rappelle qu’il y a eu plus de 11.000 morts suite à cette épidémie, 25 fois plus que durant les 40 précédentes années. Et il a fallu plus de trois ans pour que la situation puisse être enfin contrôlée.
De ce drame humain, nous en avons tiré une conclusion qui est que notre monde n’est pas suffisamment préparé pour lutter contre les épidémies. Nous avons aussi été conscients que, partout dans le monde, au Sud comme au Nord, il y avait l’émergence d’épidémies possibles localisées ou d’une pandémie dont la mortalité pouvait être imprévisible, quant à la morbidité, elle pouvait porter sur des générations immédiatement touchées, mais aussi sur la génération suivante, comme on a pu, malheureusement, l’observer avec l’épidémie du virus Zika, où des anomalies très graves sont apparues chez les enfants primo-infectés.
Alors la réunion d’aujourd’hui a pour but de réfléchir à la stratégie qui doit être la nôtre pour faire face à ces maladies émergentes, et l’utilisation, et la recherche vaccinale, il s’agit à la fois d’éviter la diffusion de la maladie, lorsqu’elle est installée, mais aussi de prévenir le développement de l’infection, et même de l’anticiper en détectant les menaces. Dans cette perspective, l’organisation et la coordination de la recherche sont primordiales, et c’est le rôle de la France que de s’organiser à travers le consortium REACTing, porté par l’INSERM“.

Qu’en termes convaincants ces choses-là sont dites ! Voilà donc un Président qui connaissait parfaitement les drames humains occasionnés par les épidémies et pandémies. Il en a tiré des conclusions, mais qu’a-t-il fait justement dans son propre pays pour prévenir ce genre de drame ? Il est facile de le savoir en menant quelques recherches ciblées au cours des dernières années (prévisions de dépenses budgétaires, inventaires des stocks, achats annuels de masques, gels, charlottes, tests, respirateurs… Le Directeur de la Santé et ceux des différentes agences régionales de santé qui élaborent chaque mois quantité de statistiques, devraient pouvoir nous éclairer sur ces actions. La tendance dans les hôpitaux étant à la restructuration et aux restrictions en tout genre, ils devront s’adonner à des contorsions verbales pour nous convaincre.

Pour en revenir à l’Europe qui peut se laver les mains en se réfugiant derrière ses traités, le COVID-19 a mis en exergue ses failles, ses insuffisances, son incompétence. Une inorganisation, un monstre de papiers (administratifs) qui décrète mais qui est dans l’impossibilité de gérer des crises. Retour aux frontières, détournement par la Tchécoslovaquie de matériels destinés à l’Italie, refus de l’Allemagne de mutualiser les dépenses, directives de confinement variables d’un pays à l’autre… Ses fragiles fondements se fissurent et apportent la démonstration qu’elle n’est en réalité qu’un conglomérat de nations, un marché commun ou chaque pays cherche à tirer le maximum de bénéfices. Je ne lui reconnais qu’une vertu : maintenir une paix, fragile, entre des peuples qui, jusqu’à la seconde guerre mondiale, se haïssaient. Avec le retour des nationalismes déjà en marche avant la pandémie et qui vont s’accélérer avec elle, il n’est pas impossible qu’elle implose.

Nos gouvernants dont l’autorité repose en grande partie sur l’ignorance et l’indifférence des peuples, ont beaucoup de chance de vivre à une époque où on ne coupe plus les têtes ni on ne pend plus haut et court. On devine déjà les réponses qu’ils apporteront dans quelques semaines ou mois prochains pour justifier leur impéritie. Je vous en fais grâce car j’aurai l’occasion d’en reparler. Il suffira de leur répondre que : “Gouverner c’est prévoir”.

Pour terminer et illustrer mon propos, je vous présente 2 vidéos. La première est extraite de l’émission L’infoduvrai de Canal plus du 24 mars 2020 qui a donné la parole à un spécialiste de l’Europe (en cas de disparition du document, bien vouloir m’en informer par la voie des commentaires afin que je lui substitue la version audio).

Dans la seconde, trouvée sur Internet, et directement accessible, l’énarque Asselineau donne son point de vue sur la crise que connait l’Europe.

Si après cela vous restez toujours européiste…

Vidéo 1   

Vidéo 2   

(1) “Un Président ne devrait pas dire ça…” Livre écrit par Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Edité chez Stock.

(2) Source

Photo : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1668965/covid-19-coronavirus-carte-statistiques-cas-pandemie

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4 commentaires

  1. Je crains davantage les virus et autre bactéries qu’une guerre nucléaire. Ces 100 dernières années on dénombre une douzaine de pandémies qui ont diversement frappé les parties du monde, vous avez dit prévoyance ? Dans l’étude de la fiabilité d’un système, l’ingénieur confronté à une seule avarie la classe en non évènement, deux en précurseur et trois en certitude (12 depuis un siècle), vous avez dit prévoyance ? Manque de masques, de gel, tension sur les stocks de curare et d’opiacés, vous avez dit prévoyance ? Sous le choc des circonstances notre chantre du néolibéralisme mondialisé reparle de la Nation, désolé mais entre notre souveraineté nationale et européenne il faudra choisir les deux sont incompatibles en l’état des traités. J’ose espérer que pour le monde d’après l’État va se pencher sur la faillite de notre système à produire une élite politique. «  Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » Bossuet.

  2. Lu sur : https://changera.blogspot.com/

    Coronavirus : l’Union européenne en danger de mort, selon Jacques Delors !
    Sa parole est rare, elle est d’autant plus forte.
    Le manque de solidarité fait “courir un danger mortel à l’Union européenne”, a averti ce samedi 28 mars 2020 l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, dans une déclaration transmise à l’AFP par l’institut à son nom qu’il a fondé.
    “Le microbe est de retour”, ajoute ce grand défenseur de l’Europe, qui a suivi, selon l’Institut, les derniers développements au sein de l’Union et sa réponse face à la pandémie, en particulier le Conseil européen de jeudi qui a montré les divisions entre les 27, en particulier entre pays du Nord et du Sud.
    En retrait de la vie politique, Jacques Delors, aujourd’hui âgé de 94 ans, s’exprime très rarement. […]

  3. Effectivement, cela donne envie de hurler. Heureusement, nous ne sommes pas dans la situation des USA, avec Trump qui craint les effets du Covid-19 plus pour sa ré-élection que pour les dégâts causés parmi la population. Et pourtant, il n’y a pas très longtemps encore, on nous vantait ce système libéral (la “start-up nation”), individualiste à outrance, avec sa “liberté d’entreprendre” et ses millions d’habitants sans couverture sociale. Après des dizaines d’années de politiques d’austérité, décrétées par Bruxelles et appliquées scrupuleusement par nos gouvernements, notre système social s’est maintenu tant bien que mal, malgré les réductions drastiques d’effectifs et de moyens qui nous manquent cruellement dans cette période de crise. Une crise qui a placé nos soignants à peu près dans la même situation que nos combattants de 40, sans moyens suffisants et adaptés. En outre, pas de De Gaulle à l’horizon !!! Dernière trouvaille de nos “zélites” : trimballer les malades les plus atteints vers les régions les moins affectées par la pandémie, au risque de la propager encore plus. Sans compter le pognon de dingue que représentent ces transports en trains, hélicoptères et avions et l’immobilisation de dizaines de soignants déjà saturés. La raison : les politiques d’austérité qui ont conduit à la fermeture de centaines de lit d’hôpitaux qui s’avèrent indispensables aujourd’hui, alors que la crise s’intensifie. Bravo pour les économies ! Espérons que nos “généraux d’opérette”, que ces “capitaines de pédalo” rendront des comptes et qu’ils assumeront leurs responsabilités, comme ils aiment à le dire par temps calme, après. Bientôt.

  4. Demander à l’UPR de parler de la construction de l’Europe relève de la plus pure des utopies, dans la mesure où tout est fait pour quitter l’Union européenne. Il en est de même pour les L.R. totalement engoncés dans des concepts sociaux complètement morts.
    Il y a un peu plus de 2000 ans et en faisant appel à ce que les juifs appellent les écritures, il est écrit que ce peuple est resté 40 ans dans le désert parce que les anciens n’étaient pas digne de rentrer dans la Terre Promise.
    Si l’on prend cela comme exemple, compte tenu qu’à cette époque l’espérance de vie se situer aux environs d’une trentaine d’années, il est facile de calculer que pour notre époque ce n’est pas 30 années de punition qu’il faut compter, c’est au moins 90 ans qu’il faut calculer. Cela laisse augurer du nombre d’années qui nous reste à souffrir de la présence de qui ne peuvent développer que des attitudes négatives dès que l’on parle d’avenir.
    Tous ces politiques ou supposés politiques qui se targuent de penser peuple n’ont plus leur place à la tête des Etats. Ce sont des être jeunes qui n’ont pas connu la guerre qui doivent demain prendre le pouvoir. Ces anciens n’ont pas un souci d’avenir, de construction d’avenir. Ils vivent dans des conceptions complètement dépassées dans un monde en mouvement. Leur parler d’avenir n’a pour eux aucune signification pour la bonne simple raison est que leur avenir, c’est la tombe, alors ils se raccrochent à ce qu’ils ont vécu, c’est-à-dire à leur passé.
    Prenons comme exemple ce qui s’est passé en Angleterre. Les jeunes ont pensé que se séparer de l’Europe n’était pas possible et ne sont pas allés voter. Ce sont les anciens qui l’ont emporté.
    Pour vivre dans le présent, il faut balayer sentiments, nostalgie qui nous gardent dans les souvenirs. Certes, quand je dis qu’il faut balayer, ce n’est pas les rejeter, c’est accepter qu’en restant plonger totalement dans ce passé, il est impossible de vivre dans la réalité. Pour construire de nouveaux objectifs, avoir des rêves, il faut savoir utiliser le passé et non pas rester vivre dans le passé. En fait, ceux qui vivent dans le passé se coupent des autres, se replient sur eux à l’image de l’Angleterre.
    Notre vie n’attend que d’être vécue pleinement. Ceci n’est absolument pas audible à tous ces anciens qui ont peur du futur. Ils raisonnent qu’avec un passé-composé ou un plus-que-parfait.
    En fait tout est simple. Il est impossible de demander à tous ces politiciens qui bien souvent n’ont rien fait de leur vie, que de la politique, autrement dit, pas grand-chose, de céder leur place à la jeunesse qui est capable de concevoir l’avenir, ils vous crieront qu’ils sont les seules à construire l’Europe en fonction de leurs idées partant des avantages qu’ils ont acquis du passé.
    Tous les jeunes qui ont utilisé Erasmus, Euractiv, Concordia et bien d’autres, sans oublier les journaux ou revus de la jeunesse, sont à même aujourd’hui de construire une Europe des Peuples et une Europe de l’économie. Si nous construisons pas une Europe fédérale, nous n’existerons pas dans le concert des Nations. La France ne représente plus rien au niveau mondiale. La France de Napoléon ou de Louis 14 est morte depuis bien longtemps.
    Je suis Breton par culture et Européen dans mon avenir d’avenir.
    Créer une Europe économique ne se fera que lorsque l’ensemble des peuples qui compose cette Europe aura pris conscience qu’en s’unissant, nous devenons l’une des principales puissances du monde commercial.
    Prenons comme exemple ce qui s’est passé en 2017. L’économie européenne était plus importante que celle des Etats-Unis : 15 300 milliards d’euros.
    Je ne vais pas ici développer ce que pourrait devenir l’Europe économique, il y a des personnes bien plus qualifiées que moi.
    Certes tout cela ne doit pas de faire n’importe comment, mais développer parallèlement une Europe fédérale et une Europe économique, c’est notre avenir. Cela est impossible avec tous ces anciens politiques qui disparaîtraient et deviendraient inutiles. Le coronavirus est une chance pour l’Europe de réellement se construire. N’attendons rien des politiques, c’est à nous de construire cette Europe…
    Tous ces bonimenteurs d’extrême droite ou d’extrême gauche ne construisent que pour eux, pour leur orgueil personnel. Le problème est que les citoyens n’ont pas suffisamment confiance en eux pour prendre la main et dire à tous ces timorés d’avenir de rester tranquillement chez eux, de vivre dans leur passé et se préparer à mourir.
    Je crois que c’est Victor Hugo qui écrivait : « Le futur a beaucoup de noms. Pour les faibles, c’est l’insaisissable, pour les téméraires, l’inconnu, pour les courageux l’opportunité.)
    Se lamenter ne sert à rien, dire je voudrais bien ne rapporte pas plus, se réunir et dire je veux réussira toujours. Pour réaliser cela, il faut savoir sortir ou accepter de sortir de sa zone de sécurité. Nous sommes beaucoup trop attentistes.

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