Écologie : un projet pharaonique à Saucats – Qu’en pense le maire écolo de Bordeaux ?

Un ami m’a adressé dernièrement une petite vidéo (4 mn) que  je vous invite à regarder en fin de billet. Bien qu’habitué à voir et entendre des informations aussi inattendues qu’insolites, j’avoue que pour celle-là, je suis resté dubitatif. Comme je le fais maintenant systématiquement en cas de doute, je suis allé faire un tour sur Internet chercher confirmation. Si on considère que Le Figaro est un média sérieux, la rumeur du projet d’une méga centrale solaire (à 20 Km de Bordeaux) sur… une pinède de 1.000 hectares à détruire, évoquée dans ladite vidéo, n’en est plus une. C’est tout ce qu’il y a de plus sérieux, enfin façon de parler si l’on considère que détruire la nature est une chose sérieuse. Ahurissant non ?

Bon me direz-vous, sur 818.000 hectares de pins en Nouvelle Aquitaine, 1.000 hectares de sacrifiés ce n’est pas grand chose si on porte la comparaison au Brésil ou encore à la Birmanie, pays en voie de déforestation massive ! Chez nous cela ne représentera, si le projet voit le jour, que 10 millions de mètres carrés de pins abattus, soit une surface de 5 Km sur 2, que l’on peut aussi représenter par 2.000 terrains de football. Coût prévisionnel de l’opération : 1 milliard d’euros ! Une bagatelle quoi !

Alors, d’après vous qui se cache derrière ce projet écocide répondant au doux nom de HORIZEO ? Allez je vous donne un indice, il s’agit d’une société qui œuvre au nom des énergies nouvelles (vertes de préférence). Toujours pas d’idée ? Eh bien accrochez vous. C’est ENGIE qui s’est associée pour l’occasion à la société NEOEN (1).

ENGIE dispose d’une fondation chargée d’améliorer son image de marque auprès du public. Détail croustillant, elle a entrepris une action de… reboisement dans le delta de la Mahakam en Indonésie dont l’état est, parait-il, très préoccupant. Pour ce faire, elle aussi s’est associée mais à l’ONG Planète Urgence. On ne rit pas ! Encore une adepte du “En même temps” cher à notre Président. C’est incroyable le nombre de choses que l’on peut faire en même temps ! 🙂

Mais, me direz-vous, la commune de Saucats où la projet doit voir le jour, est tout proche de Bordeaux. Effectivement, à 31 Km précisément. Et tout d’un coup je vous vois sourire. Bordeaux est bien dirigée par le maire “écolo” Pierre Hurmic dont l’aversion pour la coupe des sapins de Noël est bien connue ? Eh oui ! Ironie du sort ou maladresse de l’édile qui s’est exprimé trop tôt, il va falloir désormais qu’il rame contre ce projet et donne toute la mesure de ses convictions pour la protection de la région de son cœur. La fondation ENGIE dont le but est de “mener des campagnes de sensibilisation [auprès]des acteurs locaux arrivera-t-elle à le convaincre ? Je pense que l’on va beaucoup rire dans le bordelais prochainement… sauf les arbres menacés bien entendu.

(1) ENGIE et NEOEN, sont 2 entreprises engagées dans la transition énergétique des territoires et leaders du secteur des énergies renouvelables. Elles se sont associées pour développer HORIZEO, “un projet d’envergure de production d’énergies renouvelables, reposant sur un concept inédit de plateforme énergétique bas carbone, à Saucats, en Gironde“.

Photos : https://hellofuture.orange.com/fr/drones-et-intelligence-artificielle-au-service-des-luttes-environnementales/ – ENGIE – Internet. Vidéo : TVL.

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2 commentaires

  1. Il y avait une belle forêt, elle s’appelait Lanouée, un jour des investisseurs décidèrent d’y implanter 16 éoliennes de 185 mètres en détruisant la flore et sans se préoccuper de la faune, les piafs ça ne vote pas et les bestioles c’est du nuisible, il en est de même pour ce projet. Pour mémoire, 72 % de l’électricité est d’origine nucléaire, 15 % vient des barrages, 8 % des quelque 8000 éoliennes chiffres qui devrait être multiplié par deux, une folie. Le reste se trouve dans le solaire et les diverses autres productions, cela justifie t-il la destruction d’une belle forêt.

    Comme pour les éoliennes, ces productions d’électricité renouvelable et intermittente ne peuvent fonctionner que si elles sont adossées à de puissantes centrales de production pilotables mais ce n’est pas politiquement porteur surtout en cette période électorale sacrée que d’annoncer les centrales à gaz qui vont de pair avec ces installations souvent réalisées avec une électricité carbonée mais silence. Rappelons que l’électricité ne se stocke pas et c’est le consommateur, vous, moi, qui règle la puissance de la production et s’il n’y a ni vent ni soleil et bien cette électricité elle viendra d’où ?

    J’observe que le cœur de nos sociétés est technique et scientifique voire géostratégique alors que la culture de nos décideurs est souvent économique ou littéraire ce qui à mes yeux explique ces choix désastreux. Le coûteux démantèlement des ces installations classées ICPE dans le cas des éoliennes restera la plupart du temps à la charge des propriétaires du foncier sur lequel elles ont été installées au terme de 22 ans d’exploitation en moyenne et se heurtera à la difficulté du recyclage des pales, du béton et des panneaux solaires. Regardons les États-Unis, qui ont déjà plus de 14 000 éoliennes hors service dont ils ne savent que faire mais ça s’est pour demain. Je sais, le nucléaire n’a pas bonne presse mais que voulons nous du rêve ou de l’électricité ?

  2. “On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs”, comme disait l’autre. Toutefois, pareil projet semble complètement dément, surtout s’il se réalisait sous mandature écolo. Mais il serait intéressant de savoir aussi qui dénonce cette opération. Par ailleurs, les médias annoncent régulièrement ces derniers temps, le développement de vastes zones d’entrepôts construits, avec l’aide d’élus locaux et des pouvoirs publics, par Amazon et autres plateformes, afin de mieux arroser la France ensuite de leurs colis avec des norias de camions sur nos routes et autoroutes. Évidemment, l’objectif mis en avant est la création d’emplois. Encore faudrait-il vérifier la qualité de ces emplois, souvent subventionnés par nos impôts, alors que ces entreprises font en sorte d’en payer le moins possible, notamment en France. Il faudrait savoir ce que l’on veut et les citoyens ne sont pas à une contradiction près. Par ailleurs : “ventre qui crie famine n’a point d’oreille”. Ainsi va le monde et, semble t-il, de plus en plus mal …

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